Quand un médicament perd son brevet, tout change. Soudain, des dizaines d’entreprises commencent à le produire. Le prix chute. Parfois, de 95 %. Mais vous, à la pharmacie, vous payez encore trop. Pourquoi ? Parce que la guerre des prix ne se déroule pas là où vous pensez.
Les génériques, c’est la révolution silencieuse
En 2023, 90 % des ordonnances aux États-Unis étaient remplies avec des médicaments génériques. Pourtant, ces mêmes génériques ne représentent que 23 % des dépenses totales en médicaments. C’est une équation simple : plus il y a de fabricants, plus le prix baisse. Avec deux concurrents, le prix est déjà 54 % plus bas que le médicament de marque. Avec quatre, il chute à 79 %. Et quand six entreprises ou plus vendent le même produit, le prix peut tomber à moins de 5 % du coût d’origine.
Le metformin, pour le diabète, coûte parfois 0,10 $ la pilule quand cinq fabricants sont sur le marché. Le lisinopril, pour la tension artérielle, est disponible à 4 $ pour trois mois chez Walmart. Ces prix ne sont pas des exceptions. Ce sont les résultats normaux d’une concurrence réelle. Mais ce n’est pas ce que vous voyez à la caisse.
Qui empochent les économies ?
Les pharmacies gagnent 42,7 % de marge sur les génériques, contre seulement 3,5 % sur les médicaments de marque. Pourquoi ? Parce que les prix ne sont pas fixés par les fabricants, mais par des intermédiaires : les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBMs). Ces entreprises négocient avec les fabricants, décident quel générique est remboursé, et imposent des « copay » aux patients. Elles utilisent des pratiques opaques : le « spread pricing », où elles facturent l’assurance plus cher que ce qu’elles paient réellement au pharmacien, et gardent la différence. Le « copay clawback », où elles vous obligent à payer un montant fixe, même si le médicament coûte moins cher en cash.
Un patient paie 30 $ de copay pour un générique qui ne coûte que 5 $ à la pharmacie. Le PBM garde 25 $. Le patient croit qu’il paie son assurance. En réalité, il finance une machine qui lui vole ses économies.
Le paradoxe des prix bas
Quand les prix tombent trop bas, les fabricants ferment. C’est le paradoxe des guerres de prix : la concurrence excessive tue la concurrence. En 2024, 30 % des pénuries de génériques ont eu lieu dans des marchés où il y avait plus de quatre fabricants. Pourquoi ? Parce que personne ne gagne d’argent. Produire un générique à 0,05 $ la pilule, ce n’est pas rentable. Les coûts de production, de contrôle qualité, de logistique - tout ça reste. Quand le prix ne couvre plus les frais, les entreprises partent. Et soudain, vous ne trouvez plus votre médicament. Le prix a trop baissé. Le marché s’effondre.
Ce n’est pas une erreur. C’est un système conçu pour maximiser les profits, pas pour garantir l’accès. Les cinq plus gros fabricants de génériques (Teva, Viatris, Sandoz, Amneal, Aurobindo) contrôlent plus de 60 % du marché. Ce n’est pas une guerre. C’est un oligopole.
Comment vous protéger - et vraiment économiser
Vous ne pouvez pas changer le système. Mais vous pouvez contourner ses pièges.
- Asseyez-vous toujours à la caisse et demandez : « Quel est le prix cash ? » Dans 28 % des cas, le prix sans assurance est plus bas que votre copay. C’est la règle, pas l’exception.
- Comparez les prix sur GoodRx ou SingleCare. Pour le même générique, la différence entre deux pharmacies peut dépasser 300 %. Un médicament à 15 $ chez CVS peut coûter 3 $ chez Walgreens.
- Ne confondez pas « générique » avec « moins cher ». Certains génériques, avec peu de concurrents, sont aussi chers que le médicament de marque. Vérifiez toujours le nombre de fabricants.
- Si vous prenez un médicament chronique (diabète, hypertension, cholestérol), calculez vos économies annuelles. 5 $ de moins par mois = 60 $ par an. Sur dix ans, c’est 600 $. C’est plus qu’un voyage. C’est une sécurité.
- Apprenez à lire les codes AB. Un générique avec un code AB est bioéquivalent au médicament de marque. Pas besoin de payer plus pour une version « meilleure ».
Les vraies victimes : les patients sans assurance
Les gens sans couverture santé sont les plus touchés. Ils ne bénéficient pas des réductions négociées par les PBMs. Ils paient le prix listé - qui est souvent élevé parce que les pharmacies n’ont pas de pression pour baisser les tarifs. Un EpiPen générique peut coûter 300 $, même si le prix de revient est de 20 $. Pourquoi ? Parce que personne ne négocie pour eux. Ils sont invisibles dans le système.
Les programmes comme Walmart’s $4 générique ou Costco’s 10 $ pour 90 jours sont des îlots de vérité. Ils fonctionnent parce qu’ils coupent les intermédiaires. Ce ne sont pas des cadeaux. Ce sont des preuves que les prix peuvent être bas - si on le veut vraiment.
Le futur : plus de transparence, plus d’équité
La loi de 2018, qui interdit les « gag clauses » (interdiction aux pharmaciens de dire le prix cash), a aidé. La loi sur la transparence des PBMs de 2023 oblige ces entreprises à révéler leurs marges. La loi d’Inflation Reduction Act permet à Medicare de négocier certains prix. Ce sont des pas en avant. Mais ce ne sont pas des révolutions.
La prochaine étape ? Forcer les PBMs à passer les économies directement aux patients. Pas aux actionnaires. Pas aux banques. Aux gens qui prennent leurs médicaments.
Les guerres de prix génériques existent. Elles sont réelles. Elles fonctionnent. Mais elles sont bloquées à mi-chemin. Les économies sont là. Elles sont massives. Mais elles ne vous arrivent pas. Parce que quelqu’un d’autre les a prises.
Le simple geste qui change tout
La prochaine fois que vous allez chercher une ordonnance, dites : « Donnez-moi le prix cash. » Ne laissez pas le pharmacien vous dire : « Votre assurance couvre tout. » Demandez le prix. Vérifiez. Comparez. Faites le calcul. Ce n’est pas compliqué. Ce n’est pas cher. C’est juste une question de savoir.
Vous ne pouvez pas contrôler les PBMs. Mais vous pouvez contrôler votre choix. Et ce choix, chaque mois, peut vous faire économiser des centaines de dollars. C’est la seule guerre de prix qui vous appartient vraiment.
bonjour les amis, j’ai découvert que mon metformin coûte 3€ chez Lidl alors que j’en payais 25 avec l’assurance… j’ai juste demandé le prix cash et j’ai failli pleurer. c’est fou comment un simple geste peut tout changer.
oui oui, j’ai fait la même chose avec mon lisinopril… j’ai cru qu’on se moquait de moi. 4€ pour 90 jours ?! j’ai vérifié trois fois. la vie est belle quand on sait où chercher.
Il est essentiel, je crois, de reconnaître que le système pharmaceutique, en tant qu’entité complexe, repose sur des mécanismes de rentabilité qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine. Les PBMs, en tant qu’intermédiaires, créent une distorsion du marché qui pénalise les plus vulnérables. Il convient donc d’exiger une transparence absolue - non pas comme un luxe, mais comme un droit fondamental.
je suis tombée sur un article il y a deux semaines qui disait que certains génériques sont fabriqués dans des usines qui n’ont jamais vu un inspecteur… et pourtant, ils portent le code AB. je me demande si je devrais avoir peur de mes pilules ou juste… les jeter et acheter des fruits.
en Afrique, on ne connaît pas ces histoires de PBMs. on prend ce qu’on trouve, ou on ne prend rien. je pense que les gens ici ont une forme de résilience que nous avons oubliée. demander le prix cash ? ici, on demande juste s’il y en a encore.
oui mais bon, j’ai essayé GoodRx une fois et j’ai eu un site qui m’a proposé 12 prix différents pour la même pilule… j’ai fini par me perdre. c’est comme choisir un vin sans savoir ce que c’est. je me sens nul.
les PBMs sont des voleurs en costard. j’ai vu un type à la pharmacie qui payait 40€ pour un générique qui coûtait 7€ en cash. il a dit ‘c’est pas grave, c’est ma mutuelle’. non, c’est pas ta mutuelle, c’est ta poche. ils te volent avec un sourire et une facture.
je viens de chercher mon EpiPen générique sur GoodRx… 280€. j’ai pleuré. 😭 je suis pas riche mais j’ai une assurance. imaginez si j’étais sans couverture… c’est pas un système, c’est un piège à rats avec des prix de luxe.
Je me demande… si les fabricants de génériques ne font plus de bénéfices, pourquoi ne pas créer un système public de production, comme pour l’eau ou l’électricité ? Ce n’est pas un produit de luxe. C’est une nécessité vitale. Pourquoi laisser ça aux actionnaires ?
vous êtes tous trop naïfs. les génériques sont des déchets. la vraie médecine, c’est les marques. sinon pourquoi les docteurs prescrivent encore des trucs à 200€ ? parce qu’ils savent ce qu’ils font. vous croyez que vous économisez ? vous vous empoisonnez.
je me suis mis à regarder les prix cash il y a 6 mois… et j’ai économisé plus de 500€ sur un an. je me suis offert un voyage à Marseille. pas de luxe, juste un billet et une chambre. mais j’ai vu la mer. et ça, c’est plus précieux que n’importe quel médicament.
je suis pas malin mais j’ai compris une chose : si tu paies moins de 10€ pour un médicament, c’est que quelqu’un a perdu de l’argent. c’est pas magique. c’est pas gratuit. c’est un piège. je vais continuer à payer cher. au moins, je sais que je ne me fais pas avoir.
je travaille dans une pharmacie à Dakar. les gens viennent avec des ordonnances de médicaments américains… et ils demandent si on a le générique. on leur dit non. on n’a pas de stock. on n’a pas de système. ils partent avec rien. je voudrais pouvoir leur dire : ‘allez aux États-Unis, demandez le prix cash’. mais je sais qu’ils ne peuvent pas.
ce qui m’émeut le plus, ce n’est pas le prix. c’est l’idée que des gens vivent avec des maladies chroniques et ne savent même pas qu’ils pourraient payer 10 fois moins. c’est un manque d’éducation, mais aussi un manque de volonté politique. la connaissance, c’est la première arme contre l’exploitation.
oui mais j’ai essayé de dire ça à ma mère… elle a dit ‘mais je suis sûre que c’est moins bon’. j’ai pas pu lui prouver le contraire. elle a 72 ans et elle a peur de tout ce qui est ‘pas de marque’… c’est triste.