Inhibiteurs DPP-4 : risque de pancréatite et autres effets secondaires graves

Inhibiteurs DPP-4 : risque de pancréatite et autres effets secondaires graves
Phoenix Uroboro janv., 26 2026

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Calcul du risque absolu

Calculez combien de personnes sur 10 000 pourraient développer une pancréatite en prenant les inhibiteurs DPP-4 par rapport à l'absence de ces médicaments.

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Selon les données de l'article :

- Sans médicament : 5 à 10 cas de pancréatite sur 10 000 patients

- Avec inhibiteur DPP-4 : 10 à 20 cas de pancréatite sur 10 000 patients

Risque absolu : Environ 1 cas supplémentaire de pancréatite pour 834 patients traités pendant 2,4 ans

Les inhibiteurs DPP-4, aussi appelés gliptines, sont des médicaments oraux couramment prescrits pour traiter le diabète de type 2. Ils agissent en augmentant les niveaux d’hormones incretines, ce qui stimule la sécrétion d’insuline et réduit celle du glucagon. Parmi eux, on trouve la sitagliptine (Januvia), la saxagliptine (Onglyza), la linagliptine (Tradjenta) et l’alogliptine (Nesina). Depuis leur approbation en 2006, des milliers de patients les utilisent chaque jour. Mais derrière leur efficacité et leur bonne tolérance se cache un risque rare, mais réel : la pancréatite aiguë.

Un risque de pancréatite, même s’il est faible

La pancréatite, une inflammation soudaine du pancréas, peut être douloureuse, voire mortelle. Des études ont montré que les inhibiteurs DPP-4 augmentent légèrement ce risque. Une méta-analyse de 2019, incluant plus de 47 000 patients, a révélé une augmentation de 75 % du risque de pancréatite aiguë par rapport au placebo. Un autre travail publié en 2024 dans Frontiers in Pharmacology a confirmé ce lien avec un rapport de signalisation (ROR) de 13,2 - ce qui signifie que les cas de pancréatite sont plus fréquents chez les patients prenant ces médicaments que chez ceux qui ne les prennent pas.

Mais attention : ce risque reste rare. Selon les données de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et de l’Agence britannique MHRA, environ 1 à 2 cas supplémentaires de pancréatite surviennent pour 1 000 patients traités pendant deux ans. Cela équivaut à un cas supplémentaire tous les 834 patients sur 2,4 ans. En termes concrets, sur 10 000 personnes, seulement 10 à 20 pourraient développer une pancréatite à cause du médicament - contre 5 à 10 sans lui. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus une épidémie.

Comment reconnaître les signes d’alerte ?

La pancréatite ne se manifeste pas toujours par des symptômes évidents. Mais il y a un signe qui ne trompe pas : une douleur abdominale intense, persistante, souvent localisée en haut du ventre, et qui peut irradier vers le dos. Elle ne disparaît pas avec un antalgique classique. Elle s’aggrave après les repas, surtout gras. Si vous prenez un inhibiteur DPP-4 et que vous ressentez ce type de douleur pendant plusieurs heures, même légère, ne l’ignorez pas.

Des études montrent que dans 17,7 % des cas signalés, la pancréatite était grave, avec hospitalisation, complications ou besoin d’intervention chirurgicale. Heureusement, dans la majorité des cas, la douleur disparaît après l’arrêt du médicament. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la FDA recommandent donc d’arrêter immédiatement le traitement si une pancréatite est suspectée. Il ne faut pas attendre que la douleur devienne insupportable.

Illustration médicale en rêve : un pancréas entouré de symboles d'avertissement, avec des médicaments alternatifs flottant dans le ciel nocturne.

Comparaison avec d’autres traitements du diabète

Les inhibiteurs DPP-4 ne sont pas les seuls à être associés à un risque de pancréatite. Les agonistes du récepteur GLP-1, comme le liraglutide, ont aussi été impliqués, mais avec un risque moins élevé (ROR de 9,65 contre 13,2 pour les gliptines). En revanche, les inhibiteurs SGLT2 - comme l’empagliflozine ou le dapagliflozine - présentent un risque beaucoup plus faible. Certains experts considèrent même qu’ils pourraient protéger contre la pancréatite.

Et si on compare aux anciens traitements ? La metformine, premier choix depuis des décennies, n’est pas associée à un risque accru de pancréatite. Les sulfamides, eux, augmentent le risque d’hypoglycémie, mais pas de pancréatite. Donc, si vous avez déjà eu une pancréatite, si vous buvez de l’alcool régulièrement, si vous souffrez de calculs biliaires ou d’hypertriglycéridémie, les inhibiteurs DPP-4 ne sont probablement pas la meilleure option.

Un bilan bénéfice/risque toujours favorable, pour la plupart

Malgré ce risque, les inhibiteurs DPP-4 restent largement prescrits. Pourquoi ? Parce qu’ils sont bien tolérés. Les effets secondaires courants sont limités à des maux de tête ou un nez qui coule - rien de grave. Ils n’entraînent pas d’hypoglycémie, contrairement aux sulfamides ou à l’insuline. Ils ne font pas grossir, contrairement à certaines thiazolidinediones. Et surtout, ils n’augmentent pas le risque cardiovasculaire, ce qui était un gros souci avec d’autres médicaments des années 2000.

Les grandes études de sécurité cardiovasculaire (CVOT) sur la sitagliptine, la saxagliptine et l’alogliptine ont montré qu’ils étaient sûrs pour le cœur. C’est pourquoi l’American Diabetes Association les inclut toujours dans ses recommandations de traitement, même en 2023. Leur avantage principal : ils stabilisent la glycémie sans causer de chutes brutales. Pour un patient âgé, ou qui a déjà eu des épisodes d’hypoglycémie, c’est un vrai plus.

Consultation médicale apaisante : un médecin rassure une patiente sous le lever du soleil, symbolisant la vigilance et la sécurité.

Que faire si vous prenez un inhibiteur DPP-4 ?

Si vous êtes sous traitement, ne l’arrêtez pas sans consulter votre médecin. Mais soyez vigilant. Voici ce que vous devez faire :

  1. Connaissez les signes d’alerte : douleur abdominale intense, persistante, qui irradie vers le dos.
  2. Si vous avez cette douleur, arrêtez le traitement et consultez immédiatement.
  3. Le médecin vérifiera vos enzymes pancréatiques (amylase, lipase) et pourra demander une échographie abdominale pour écarter un calcul biliaire.
  4. Signalez tout effet indésirable à votre pharmacien ou via le système de signalement national (comme le système Yellow Card au Royaume-Uni ou le système d’alerte de l’ANSM en France).

Il n’y a pas de preuve que les patients doivent faire des bilans sanguins réguliers si aucun symptôme n’apparaît. Mais si vous avez déjà eu une pancréatite, ou si vous avez plusieurs facteurs de risque (alcool, obésité, calculs biliaires), votre médecin devrait envisager un autre traitement.

Le futur des inhibiteurs DPP-4

Les inhibiteurs DPP-4 ne sont pas en voie de disparition. En 2022, ils représentaient encore 15 % des prescriptions orales pour le diabète aux États-Unis. La sitagliptine reste la plus prescrite. Leur marché mondial a atteint 5,8 milliards de dollars - un chiffre impressionnant pour un médicament avec un risque connu.

Mais les nouveaux traitements, comme les agonistes GLP-1 (semaglutide, liraglutide) et les inhibiteurs SGLT2, gagnent du terrain. Pourquoi ? Parce qu’ils protègent non seulement le cœur, mais aussi les reins. Et ils aident à perdre du poids. Ce sont des avantages que les gliptines ne peuvent pas offrir.

La recherche continue. Des études en cours cherchent à identifier des marqueurs génétiques qui pourraient prédire qui risque de développer une pancréatite sous inhibiteur DPP-4. Si on arrive à repérer ces personnes à risque, on pourra éviter de leur prescrire ce traitement. Ce serait une avancée majeure.

En attendant, la règle est simple : les inhibiteurs DPP-4 restent une bonne option pour beaucoup de patients. Mais ils ne sont pas sans risque. La clé, c’est la vigilance. Si vous ressentez une douleur abdominale inhabituelle, ne la prenez pas à la légère. Votre pancréas vous en remerciera.

Les inhibiteurs DPP-4 provoquent-ils vraiment une pancréatite ?

Oui, mais très rarement. Des études sur des dizaines de milliers de patients ont confirmé un risque accru de 50 à 80 % par rapport au placebo. Cela représente environ 1 cas supplémentaire pour 800 à 1 000 patients traités sur deux ans. Le risque est réel, mais faible en termes absolus. Il est plus élevé que pour la metformine ou les SGLT2, mais plus faible que pour certains agonistes GLP-1.

Quels sont les symptômes de la pancréatite liée aux gliptines ?

La douleur abdominale intense et persistante, souvent en haut du ventre, est le principal signe. Elle peut irradier vers le dos. Elle ne disparaît pas avec les antalgiques classiques. Elle s’aggrave après les repas. Des nausées, des vomissements ou une fièvre peuvent l’accompagner. Si vous avez ces symptômes en prenant un inhibiteur DPP-4, consultez immédiatement.

Faut-il arrêter le traitement si je ressens une douleur légère ?

Oui. Même une douleur modérée ou passagère peut être un signe précoce. L’American Diabetes Association recommande de mesurer les enzymes pancréatiques (amylase et lipase) et d’effectuer une échographie abdominale dès que des symptômes gastro-intestinaux suspects apparaissent. Ne patientez pas jusqu’à ce que la douleur devienne insupportable. Arrêtez le médicament et consultez.

Les inhibiteurs DPP-4 augmentent-ils le risque de cancer du pancréas ?

Non. Plusieurs méta-analyses, dont une publiée en 2020 dans Diabetes Care, ont examiné plus de 55 000 patients et n’ont trouvé aucun lien entre les inhibiteurs DPP-4 et le cancer du pancréas. Le risque de pancréatite aiguë est réel, mais pas celui de cancer. Cette confusion a circulé dans les années 2010, mais les données actuelles rassurent.

Quels sont les meilleurs substituts aux inhibiteurs DPP-4 ?

Si vous avez un risque accru de pancréatite (alcool, calculs biliaires, hyperlipidémie), les inhibiteurs SGLT2 (empagliflozine, dapagliflozine) ou les agonistes GLP-1 (semaglutide, liraglutide) sont souvent préférables. Ils offrent une meilleure protection cardiaque et rénale, et un risque moindre de pancréatite. La metformine reste le premier choix pour la plupart des patients. Votre médecin évaluera votre profil global pour choisir le meilleur traitement.

10 Commentaires
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    Claire Copleston janvier 27, 2026 AT 08:48

    Les gliptines, c’est le nouveau placebo avec un prix d’or. On nous vend de la sécurité, mais derrière il y a des laboratoires qui font des milliards. Je préfère me passer de chimie et me tourner vers le jeûne intermittent. Mon diabète ? Il a disparu. Sans pilule. Sans douleur. Sans excuse.

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    daniel baudry janvier 29, 2026 AT 02:35

    La pancréatite c’est pas une blague mais bon on va pas s’arrêter de vivre non plus j’ai pris la sitagliptine depuis 4 ans et je vais toujours bien alors arrêtez de faire peur aux gens avec des chiffres qui veulent rien dire

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    Benoit Dutartre janvier 29, 2026 AT 11:36

    Vous croyez que c’est un hasard si les études qui disent que c’est sûr sont toutes financées par les labos ? Et celles qui disent le contraire ? Disparues. Ou alors elles sont traitées de « pseudo-scientifiques ». La vérité ? Ils veulent vous garder sous traitement toute votre vie. C’est pas un médicament, c’est un système.

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    Régis Warmeling janvier 29, 2026 AT 23:57

    La vie est un équilibre. Un médicament peut sauver une vie ou la briser. Ce n’est pas la molécule qui est bonne ou mauvaise, c’est notre rapport à la santé. On veut un remède magique, mais la santé, c’est un chemin, pas une pilule. Écoutez votre corps. Il parle. La plupart du temps, on ne l’écoute pas.

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    Jean-Michel DEBUYSER janvier 30, 2026 AT 10:43

    Si tu as déjà eu une pancréatite, t’as pas le droit de prendre ça. Point. C’est pas une suggestion, c’est une règle de survie. Et si t’as un peu d’alcool dans le sang, ou des calculs, ou même juste un gros repas de temps en temps… t’es en zone rouge. Je le dis en toute amitié : ton pancréas, c’est pas un jouet.

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    Philippe Labat février 1, 2026 AT 03:42

    En France, on a l’ANSM, aux USA la FDA, en Europe l’EMA… et pourtant, les mêmes médicaments sont prescrits partout. Pourquoi ? Parce que la science est universelle. Mais la peur, elle, est locale. Ici, on a peur des pilules. Là-bas, on a peur de ne pas en prendre. La vérité ? On est tous dans le même bateau. La question n’est pas « est-ce dangereux ? » mais « est-ce mieux que le risque de ne rien faire ? »

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    Joanna Bertrand février 1, 2026 AT 14:26

    Je suis diabétique depuis 15 ans. J’ai essayé tout : metformine, sulfamides, insuline. Les gliptines ont été la seule option qui ne m’a pas fait tomber en hypoglycémie au milieu de la journée. Je ne dis pas que c’est parfait, mais pour moi, le bénéfice dépasse le risque. Je surveille, je consulte, je ne panique pas. C’est ça, la vigilance.

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    Stephane Boisvert février 1, 2026 AT 20:14

    Il convient de souligner que la littérature scientifique contemporaine, bien que divergente sur certains points méthodologiques, tend à confirmer une corrélation statistiquement significative entre l’administration d’inhibiteurs DPP-4 et l’incidence de pancréatite aiguë, notamment dans les cohortes à haut risque. Toutefois, l’absence de lien causal démontré, ainsi que la faible incidence absolue, justifient une approche individualisée, fondée sur une évaluation rigoureuse du profil bénéfice-risque, et non sur une généralisation alarmiste.

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    Lionel Chilton février 3, 2026 AT 04:16

    Je suis un ancien patient de la sitagliptine et je suis vivant 😊 Même si j’ai eu une petite douleur une fois, j’ai arrêté et tout est rentré dans l’ordre. Faut pas avoir peur, mais faut être intelligent. Écoute ton corps, parle à ton médecin, et surtout… respire. Tu vas bien. 💪❤️

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    Brigitte Alamani février 3, 2026 AT 11:26

    Je trouve ça incroyable que des gens encore aujourd’hui croient que les médicaments sont des ennemis. Les gliptines, c’est une avancée. Oui, il y a un risque. Mais pas plus que de conduire en ville. On ne supprime pas les voitures, on apprend à conduire prudemment. Pareil ici. Respectez les alertes, suivez les conseils, et continuez à vivre. Pas besoin de tout rejeter.

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